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Le règne du grand-duc Cosme
Cosme, les débuts sanglants
Un mariage politique
Cosme Ier et la culture
La formation de l'Etat régional
Cosme, les débuts sanglants
Après l'assassinat d'Alexandre de Médicis, aux mains de Lorenzzattio le cardinal Innocenzo Cibo, apparenté aux Médicis par sa mère Madeleine, soeur de Léon X, en qualité de représentant de Charles Quint, désigna comme successeur le fils de Jean des Bandes Noires, Cosme, alors âgé de dix-huit ans. Le cardinal n'eut aucune difficulté à convaincre les quatre principaux sénateurs, Guichardin, Strozzi, Valori et Acciaiuoli, qui acceptèrent de bon gré cette nomination. Ces ambitieux personnages étaient en effet convaincus, étant donné le jeune âge de Cosme, qu'ils pourraient le manipuler à leur guise. Ils s'aperçurent très vite du contraire et organisèrent une armée d'opposants. À Montemurlo, près de Prato, Filippo Strozzi, Baccio Valori, et Piero Strozzi, à la tête de quatre mille fantassins et trois cents cavaliers, furent battus par l'armée florentine renforcée par des troupes espagnoles et commandées par Alessandro Vitelli, le 1er août 1537. Les suites de la victoire de Montemurlo furent révélatrices du caractère violent et vindicatif de Cosme. Arrêtés, les chefs adversaires, furent emprisonnés au Bargello, où siégeaient le Conseil de Justice et le Juge de la Cour suprême. Qui était incarcéré dans cette bastille avait bien peu de chance d'en sortir vivant. Les nombreux nobles qui y finirent après la défaite, n'obtinrent pas la miséricorde de Cosme, bien que la plupart d'entre eux fussent très jeunes et anciens amis de Cosme. Ils furent torturés et pour finir exécutés par groupes. Figuraient parmi les victimes Baccio Valori, son fils et Filippo Strozzi. Cosme profita de cette exécution pour confisquer le palais Strozzi et tous les biens de la famille. Ces débuts sanglants demeureront toutefois une exception, car au cours de son règne le premier grand-duc montrera un caractère mesuré et une grande habilité en tant qu’homme d’Etat. Sous sa direction, Florence et la Toscane retrouveront une bonne partie de l’importance économique et politique qu’elles avaient perdue à la mort du Magnifique.

Portrait de Cosme Ier, 1555-1565, atelier d'Agnolo Bronzino, (Florence, Offices). En août 1537 a lieu la bataille de Montemurlo, où les troupes de Cosme remportent une victoire écrasante sur leurs adversaires. Le soutien de l’empereur Charles-Quint s’avère décisif pour le futur Cosme Ier, qui obtiendra en outre tout de suite après le droit de porter le titre de duc de Florence.
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Jean des Bandes Noires, Baccio Bandinelli, (Florence, piazza San Lorenzo).
Jean, né en 1498, est le fils de Jean Popolano et de Catherine Sforza ; il descend du premier Laurent de Médicis, frère de Cosme l'Ancien. Ce grand condottiere combattra les Impériaux à Modène en 1526 et mourra à la suite d'une blessure infligée par le duc de Ferrare. Son surnom posthume, Jean des Bandes Noires lui vient du fait que ses troupes échangèrent en deux occasions leurs armes blanches contre des noires : à la mort de Léon X (Jean de Médicis, fils de Laurent le Magnifique) et à la sienne. C'est avec son fils Cosme Ier, que la branche cadette des Médicis arrivera au pouvoir à Florence. Dans ce monument, le condottiere est représenté vêtu en chef militaire romain. Il s'agit d'une évocation à l'Antiquité : commandé par Cosme Ier, ce monument est une exaltation de la monarchie héréditaire dont il est le premier représentant. |
Un mariage politique
Un des premiers objectifs de Cosme est de contracter un mariage « politique », c’est-à-dire de trouver une épouse qui puisse lui garantir une alliance implicite avec un autre Etat européen. Il jette son dévolu sur Eléonore, fille unique du marquis de Villafranca, don Pedro de Tolède, Vice-roi de Naples et lieutenant de l’empereur Charles-Quint. Ce choix est assurément digne d’approbation, puisque Eléonore apporte en dot un nom illustre et une grande richesse. Le mariage (1539), célébré avec un luxe inouï dans la basilique San Lorenzo, est accompagné de grandes réjouissances et de spectacles. Cosme a décidé en outre de quitter la via Larga pour s’établir au palais de la Seigneurie. C'est au milieu des grands travaux, que le duc, son épouse, leur fille aînée Marie et la cour vinrent s'y installer, le 15 mai 1540. La duchesse résidait dans les pièces les plus retirées du second étage, autrefois occupées par les Prieurs et le gonfalonier de Justice. Tandis que le duc habitait au premier étage, au niveau du Salon des Cinq Cents, réservé jadis au Gonfalonier Soderini. Cette initiative démontre l’habileté du jeune duc : d’une part l’édifice offre plus de protection contre d’éventuelles insurrections populaires, de l’autre il est depuis plus de deux siècles le symbole du pouvoir municipal. Maintenant les Médicis ne sont plus « primi inter pares », une famille d’optimates qui influence le gouvernement, de façon plus ou moins décisive, de ses appartements privés de la via Larga : dorénavant ils incarnent le pouvoir.

Eléonore de Tolède et son fils Giovanni, 1545, Agnolo di Cosimo, dit Bronzino, (Florence Offices). Son radieux visage ovale d’une beauté qui trahit une certaine mélancolie est illuminé contre le ciel orageux. Eléonore est représentée dans une précieuse robe de tissu blanc damassé, orné de perles et de finitions d’or, avec de riches bijoux, dont une ceinture constellée de pierres précieuses.
À partir de 1539, Bronzino se consacra à la réalisation des décors des fêtes pour les noces de Cosme I et d’Eléonore, noua des rapports avec la famille médicéenne et devint peintre de cour et portraitiste des Médicis. La chapelle privée d’Eléonore décorée par Bronzino entre 1540/46 à la demande de Cosme, est une petite salle rectangulaire à côté de l’appartement de la duchesse au palais de la Seigneurie où le peintre a créé un des chefs d’œuvre du XVIe siècle de la peinture maniériste florentine. Les fresques des murs relatent des épisodes bibliques, alors que le grand panneau au-dessus de l’autel montre la "Déposition du Christ". Bronzino donne à ce magnifique décor, des formes pures, fixant les images dans une immobilité noble et raffinée avec un réalisme fastueux du détail, en somme, d’une grande fascination.
Vue de la Chapelle d'Eléonore et détail, 1540/1546, Bronzino, (Florence, Palazzo Vecchio)

Passage de la Mer Rouge, détail, 1540-1546, Agnolo Bronzino, (Florence, palais de la Seigneurie). La fresque frappe d'abord par l'artifice de ses composants qui culmine dans la figure même de Moïse où le spectateur florentin savait reconnaître la reprise inversée du Moïse de Michel-Ange. Mais l'image vaut aussi pour son atmosphère politique. Car, à travers Moïse, l'ensemble de la chapelle illustre le thème du "Bon Prince".

Détail de la "Déposition". Exécutée pour l'autel de la chapelle d'Eléonore, cette œuvre suscita la convoitise du très influent Nicolas Perrenot de Granvelle, secrétaire particulier de l'empereur Charles-Quint avec lequel Cosme était en train de négocier la restitution des forteresses de Pise et de Livourne aux mains des garnisons espagnoles. Terminé le 15 juillet 1545, le retable ne resta que deux mois sur l'autel de la chapelle, puis fut expédié à Besançon, ville natale du dignitaire impérial. Là, on l'exposa dans la chapelle de l'église des Carmes. Dans la chapelle du Palais de la Seigneurie, ce n'est qu'en 1553 qu'on remplaça la "Déposition de Croix" par une réplique de Bronzino moins bien réussie. Il y a vraiment de quoi regretter cette décision de Cosme, obligé de se défaire pour "raison d'état" d'un original aussi exceptionnel qui se distinguait par le dessin parfait du corps du Christ, la préciosité des détails, par la richesse des couleurs émaillées étalées sur un apprêt poli comme le marbre, pour une palette privilégiant les tons bleus.
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Triomphe de Marco Furio Camillo, 1543-1545, fresque, Francesco Salviati, (Florence, palais de la Seigneurie, salle des Audiences). Sur l’ordre de Cosme I, Francesco Salviati peignit les histories du héros romain, le sauveur de Rome, en tant que exemple de vertu. Le « Triomphe de Camillo » préfigure l’apothéose de Cosme. La construction de la salle des Audiences où la Seigneurie rendait justice, date presque d’un siècle plut tôt (1472-1481) par Giuliano da Maiano, été destinée à recevoir les personnes qui avaient demandé audience au grand-duc. Francesco Salviati qui s’était exercé à Rome, donna naissance avec les fresques de la salle des Audiences à la « maniera grande » de l’école de Raphaël, basée sur l’étude de l’Antiquité. Ce style est caractérisé par l’élégance sophistiquée des compositions et par une extraordinaire perfection technique. Francesco Salviati participa également à l’aménagement des décors éphémères des fêtes données à l’occasion du mariage de Cosme Ier avec Eléonore de Tolède.

Les fruits de la Terre sont offerts à Saturne, vers 1554, fresque, Giorgio Vasari, (Florence, Palazzo Vecchio). Cette représentation comporte une allusion directe à Cosme Ier comme un nouveau Saturne, père et bienfaiteur de la cité de Florence.
Cosme Ier et la culture
Ses initiatives, dans les domaines de l'art et de la culture furent nombreuses et variées. Il continua la récolte de monnaies et de médailles qu'avait commencée Laurent le Magnifique et chargea ses ambassadeurs de tous les pays d'acheter des livres et des sculptures anciennes. Vasari fut chargé de transformer le palais de la Seigneurie, jusqu'alors siège du gouvernement, en demeure princière. En 1555 l'architecte qui modifia totalement l'intérieur, commença pour l'aménagement des appartements de Léon X. Chaque salle était dédiée à un personnage illustre de la famille selon un programme conçu par Cosimo Bartoli ; il continua par la salle des Eléments pour se dédier ensuite aux pièces réservées à Eléonore. Pour finir, il restructura le Salon des Cinq cents. En 1560 Vasari fit entreprendre la construction des Offices et en 1565, à l'occasion des noces de François Ier de Médicis avec Jeanne d'Autriche, il réalisa en un temps record, le couloir qui unit le Palazzo Vecchio au Palais Pitti devenu la nouvelle demeure princière. Passionné de botanique Cosme fit réaliser le Jardin de Boboli et le Jardin des "Simples". En 1541, Cosme avait signé le décret de fondation de l'Académie florentine ; en 1546, vint s'installer dans la ville une compagnie de tisseurs des Flandres qui donna vie à une manufacture, dirigée par Nicola Karcher et Jan van der Roost. En quelques années, elle devint la fabrique de tapisseries la plus renommée d'Europe. En 1547, Cosme donna le feu vert pour la construction de la loge du nouveau Marché ; en 1548 il fit ouvrir au public la Bibliothèque Laurentienne, projetée par Michel-Ange ; en 1554 il fit placer le "Persée" de Cellini sous la loge du palais de la Seigneurie.

Vue du passage aérien de la rue de la Ninna et des Offices, Florence. Vasari construisit ce couloir en cinq mois. Conçu comme un passage secret, il permettait de passer rapidement du Palais de la Seigneurie au Palais Pitti, c’est-à-dire du siège administratif à la demeure privée de la famille régnante.
Lavage de la laine, 1569-1570, Mirabello Cavalori, (Florence, palais de la Seigneurie, Studiolo de François I). Cavalori travailla au palais de la Seigneurie avec l’équipe de Vasari, réalisant cette "Filature de la Laine" où il ajouta des touches de réalisme aux formes maniéristes vasariennes. Cosme se fit le promoteur d’une réforme du secteur lainier et du développement de la tapisserie.

Episodes de la vie de Joseph l'Hébreux : Joseph se révèle à ses frères, détail de tapisserie, carton réalisé par Bronzino, 1545-1553, (Florence, Offices). En 1543, Cosme fonda la Manufacture de tapisseries des Médicis et Bronzino eut, entre 1545 et 1553, la responsabilité presque totale de l'entreprise la plus importante de cet atelier. Il s'agissait de réaliser les cartons d'au moins seize des vingt tapisseries de la série des "Épisodes de la vie de Joseph" qui furent ensuite tissées par les flamands Giovanni Rost et Niccolò Karcher.


Persée et Méduse, détail, 1545-1554, Benvenuto Cellini, (Florence, Piazza della Signoria, Loggia dei Lanzi). Dans son autobiographie, Cellini décrit la commande de "Persée et Méduse" que lui fit le duc. Coulé avec succès d'une pièce, à l'exception du pied droit endommagé, comme il le raconte dans sa "Vie", le groupe fut dévoilé à la Loggia dei Lanzi et salué par le public en 1554. Inspirée d'une statuette étrusque et adoptant la pose du vainqueur dominant le vaincu, l'œuvre faisait pendant à la "Judith" de Donatello. Le jeune héros grec est représenté sous les traits manifestement identiques à ceux du monstre décapité, la terrible Méduse, qui transformait en pierre tous ceux qui avaient le malheur de la regarder dans les yeux. Le spectateur est invité à tourner autour de la composition, car Cellini, bien dans l'esprit maniériste, l'a conçue pour qu'elle ait huit points de vue. Cosme de Médicis, qui s'identifiait à Persée, avait commandé l'œuvre pour lancer un avertissement à ceux qui auraient cherché à renverser le gouvernement ducal et à menacer la dynastie des Médicis.

La Naissance de Vénus, vers 1555, Giorgio Vasari et Cristofano Gherardi, (Florence, Palais de la Seigneurie)
En janvier 1563, Cosme fonda l'académie des Arts et du Dessin qui deviendra vite la première académie artistique d'Europe. Soixante-dix peintres, sculpteurs et architectes y opéraient, dirigés par six consuls. Vasari et Bronzino en firent partie ainsi que Bandinelli, Romolo Ferrucci, Battista del Tasso, Sansovino, Benvenuto Cellini et Ammannati. Toute la Toscane, fut disséminée de places fortes qui étaient de véritables monuments d'architecture militaire. San Martino en particulier. Un canon dessiné par Michel-Ange, actuellement au musée du Bargello, nommé Saint Paul parce que l'image du Saint en formait la culasse, représentait, pour cette forteresse, un prodigieux objet d'art. La dernière commission publique fut le cycle pictural de la coupole du Dôme florentin que Cosme confia à Vasari.
La formation de l'Etat régional
Cosme s'employa, avec son caractère pragmatique et une habilité extraordinaire à réaliser le développement de son Duché. Il réussit à en doubler presque le territoire grâce à sa diplomatie. Il mena une politique extérieure principalement pro impériale, qui dans les premières années, se configure même comme un rapport de vassalité, mais su aussi se servir de la puissance espagnole en Italie pour élargir ses propres frontières. Il échoua dans sa tentative d'absorber Lucques mais réussi par contre à soumettre Sienne en 1555. Épuisée par un long siège, et désormais sans vivres, la ville dont la population était passée de quarante mille habitants à six mille âmes, capitula au mois d'avril. Son défenseur Pietro Strozzi se réfugia avec ses troupes à Montalcino, laissant au commandement Blaise de Montluc, maréchal de France, le devoir ingrat de signer la défaite.

Cosme Ier étudie la conquête de Sienne, 1565, Giorgio Vasari, (Florence, Palazzo Vecchio). Le duc est représenté dans une chambre de son palais occupé à mesurer avec un compas les fortifications de Sienne.

L’attaque sur la porte Camolia à Sienne, détail, 1568-1572, Giorgio Vasari et élèves, (Florence, palais de la Seigneurie, salon des Cinq Cents). La fresque fait partie du cycle décoratif peint dans le salon des Cinq Cents et montre les épisodes les plus marquants de la guerre contre Sienne, que Cosme I gagna en 1555. Peint quinze ans après l’événement (entre 1568 et 1572) ici montre l’attaque contre la porte Camolia. L’habillement des soldats et les armures des chevaliers sont typiques de la seconde moitié du XVIe siècle. L’assaut a eu lieu pendant la nuit et Vasari a utilisé les couleurs pour illuminer la scène avec les lanternes et les torches soutenues par les soldats, et la lumière de la lune qui miroite sur les collines entourant la ville.
Cosme créa une flotte de guerre ; il fonda l'ordre Militaire de Saint Etienne, s'intéressa aux ressources de son Duché en exploitant les mines d'argent de Pietrasanta et les carrières de marbre de Carrare. Il obtint la concession pour le travail de l'alun à Piombino et se procura la position stratégique d'un promontoire à Portoferraio. Cosme se trouve à la tête d’un Etat régional et la Toscane voit sa richesse et son importance politique se développer de façon remarquable, surtout si on la compare aux autres Etats de la Péninsule. Des travaux de bonification sont entrepris dans la Maremme siennoise ; Pise, Piombino et Livourne, cette dernière est tout particulièrement appelée à remplir une fonction stratégique, tant du point de vue militaire qu’économique.

Cosme visite les fortifications de l'île d'Elbe, 1568-1572, Giorgio Vasari, (Florence, Palazzo Vecchio)
Cet homme ambitieux et capable ne fut cependant pas épargné par le destin et se retira de la vie publique en 1564, après avoir désigné comme régent, son héritier François. En 1562, au cours d'un voyage tragique en Maremme, Cosme avait perdu sa femme et deux de ses enfants. Jean, son fils, avait été frappé à Rosignano d'une fièvre maligne qui l'emporta en quelques jours. Le même sort fut réservé à son fils Garzia ; puis ce fut le tour de sa femme qui, brisée de douleur, avait probablement contracté la maladie elle aussi. Cette femme fut pour beaucoup dans le redressement du destin des Médicis. Elle sut mettre à disposition de son mari ses richesses considérables et l'aide puissante de son père qui exerçait sur le pape la juste pression pour qu'il laissât à Cosme autonomie et liberté de mouvement. Épouse fidèle et intelligente, elle fut toujours de bon conseil pour Cosme qui l'écouta toute sa vie. Le duc se trouva totalement désemparé sans elle qui le laissait après vingt-trois ans de mariage.

Portrait de Ferdinand, fils et héritier de Cosme Ier, Bronzino, 1555-1565, (Florence, Offices)
Cosme, désorienté, abdiqua deux ans après la perte de sa femme et de deux de ses enfants. Cependant il n'omit pas de régler sa succession. Il nomma lui-même son fils François comme régent et, pour s'attirer les faveurs de Rome, demanda au Pape Pie IV de faire accéder son autre fils Ferdinand, à la charge de cardinal. Pie IV y consentit, bien que Ferdinand n'eût encore que 14 ans. Ses affaires étant en ordre, Cosme lâcha définitivement les rênes du commandement et passa les dernières années de sa vie en compagnie de sa seconde femme, d'origines humbles, Camilla Martelli, qu'il avait marié en 1571. Il mourut à cinquante-cinq ans, après un long règne de trente-sept ans, le 21 avril 1574.

Fort du Belvédère et palais Pitti, 1559, Juste Utens, (Florence, Musée Topographique "Firenze com'era"). Le Palais Pitti avait été racheté par Cosme à la demande d'Éléonore. Bartolomeo Ammannati l'avait agrandi et Niccolò Tribolo avait conçu les jardins. La famille Médicis s'y était établie en 1565.
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Buste de Cosme Ier, 1545-1547, Benvenuto Cellini, (Musée National du Bargello). Ce portrait ardent et plus grand que nature, remarquable par son énergie névrotique et l'intensité de l'expression, il a été modelé "all'antica" d'après des bustes en armure. Cellini à également pu être influencé par un portrait en pied de Jules César à Rome. Cosme, qui regarde par-dessus son épaule, semble sur le qui-vive. Sur son étrange cuirasse, des emblèmes des Médicis côtoient des symboles civiques dans une exposition pédante bien qu'élégante de motifs dignes du meilleur orfèvre ; on y voit une Gorgone ailée avec une harpe, qui fait de Cosme un nouvel Orphée. En outre, y figure l'emblème de la Toison d'Or conféré à Cosme en 1545 par Charles V. Cette œuvre brillante ne rencontra pas un grand succès et Cellini n'obtint pas l'emploi de portraitiste de la cour qu'il convoitait.
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