Van Eyck : Les portraits

(Du 21-11-2026 au 11-04-2027)


La toute première exposition consacrée aux portraits du peintre néerlandais Jan van Eyck (actif de 1422 à 1441) ouvrira ses portes à la National Gallery de Londres à l’hiver 2026. Réunissant pour la première fois, venues de toute l’Europe, les neuf portraits peints par l’artiste, l’exposition Van Eyck : Les Portraits présentera la moitié de la vingtaine de tableaux autographes qui nous sont parvenus, réalisés par l’une des figures majeures de la Renaissance nordique.


Cet artiste a non seulement révolutionné le genre du portrait, mais il a également redéfini le cercle des personnes pouvant être représentées. Saisissant un moment où l’accès à l’art s’élargissait, les modèles représentés par Van Eyck n’étaient plus uniquement des rois, des reines ou des aristocrates, mais aussi des marchands fortunés, des artisans prospères et des proches de l’artiste. Des regards attentifs, une barbe de trois jours, des rides, des joues rougies. Van Eyck a su saisir ses modèles dans leurs moindres détails intimes. Bien que ces personnes aient posé pour leurs portraits il y a 600 ans, elles semblent vivantes aujourd’hui.

Portrait d’un homme (Autoportrait ?), 1433 ; Portrait des Arnolfini, 1434, Jan van Eyck
Portrait d’un homme (Autoportrait ?), 1433 ; Portrait des Arnolfini, 1434, Jan van Eyck,
Londres, National Gallery.


Cette exposition exceptionnelle permettra de voir le célèbre Portrait des Arnolfini (1434), exposé pour la toute première fois aux côtés d’un panneau représentant le même modèle, le Portrait d’un homme (Giovanni ? Arnolfini) (vers 1440, Gemäldegalerie, Berlin). Le Portrait d’un homme (Autoportrait ?) (1433, National Gallery) de Van Eyck, récemment restauré, sera présenté aux côtés du portrait de son épouse Marguerite (1439, Groeningemuseum, Bruges), premier portrait connu d’une femme n’appartenant pas à l’aristocratie. Pour la première fois de son histoire, le Kunsthistorisches Museum de Vienne autorisera le prêt simultané de ses deux tableaux de Van Eyck.

Portrait de Marguerite van Eyck, 1439, Jan van Eyck,
Bruges, Groeningemuseum.


Mettant en avant de nouvelles recherches sur la technique de l’artiste, ses cadres d’origine et ses inscriptions énigmatiques, et abordant les controverses persistantes concernant l’identité de ses modèles, le catalogue de l’exposition sera la première monographie jamais publiée sur le thème des portraits de Van Eyck – ce qui est surprenant compte tenu de l’abondante littérature consacrée à l’artiste.

Annonciation, 1434-1436, Jan van Eyck, Washington, National Gallery.


Emma Capron, conservatrice des peintures des Primitifs flamands et allemands à la National Gallery, déclare : « Certaines histoires n’ont pas de début. L’art du portrait en fait partie. Il fait une entrée fracassante dans les années 1430, déjà pleinement abouti, sous le pinceau de Jan van Eyck. Aucune des représentations stylisées qui ont précédé son œuvre ne passerait aujourd’hui pour un portrait : on ne reconnaîtrait pas les modèles si on les croisait dans la rue. »


« Tout cela change avec van Eyck. En repoussant les limites de la peinture à l’huile pour créer une illusion de réalité convaincante, il nous présente soudain des personnages débordant de vie, dont chaque détail de l’apparence est saisi, des modèles qui nous regardent en face et qui s’adressent à nous à travers des inscriptions élaborées et souvent énigmatiques. La capacité de ces portraits à déconcerter par leur précision et leur vivacité est intacte aujourd’hui. Leur impact contraste avec leur format intimiste ».