Avec l’exposition Cézanne et nous Le Grand Palais, à Paris, cherche encore à élargir le spectre de l’héritage du fondateur de la modernité picturale, en présentant aux côtés de soixante-dix Cezanne, plus de cent œuvres de soixante-dix-neuf autres artistes provenant des collections de trois institutions, le musée d’Orsay et le musée de l’Orangerie, ainsi que le Centre Pompidou. C’est la première fois qu’une exposition met en regard la rupture entre « l’art du XIXe siècle » et « l’art moderne », et permet d’en montrer la continuité.


Le parcours de l’exposition et de son catalogue s’ouvrent dans les années 1880, avec une jeune génération d’artistes qui, avant la première exposition monographique organisée par Ambroise Vollard en 1895, avait reconnu dans l’œuvre de Cezanne une expression capable de dépasser l’impressionnisme : Paul Gauguin, Émile Bernard, Vincent van Gogh, Paul Signac, Paul Sérusier, Maurice Denis. C’est à travers de ces artistes, et notamment à travers les écrits de Bernard et Denis, que les assises de l’interprétation de Cezanne ont été posées.

L’autre objectif de l’exposition a été de mettre en lumière l’ampleur et la diversité de la réception de Cezanne en présentant une très large sélection d’« héritiers », de Gauguin à Peter Doig. Le Grand Palais a réuni, en associant la richesse des collections du Centre Pompidou à des prêts venus de l’étranger, des œuvres d’artistes de multiples origines. L’exposition permet de montrer comme les avant-gardes du XXe siècle se sont diversement emparées de l’œuvre de Cezanne encouragées par son formalisme autant que par son primitivisme.












